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Airbus réussit le premier test en Europe de son futur drone de combat autonome, le « Valkyrie » : avec plus de 5 000 km de portée et une vitesse proche de Mach 1, il accompagnera les Eurofighter au combat

L’U740 Valkyrie vient de réussir son premier vol dans les cieux européens : un baptême de l’air qui signe l’entrée concrète d’Airbus dans le combat aérien autonome, un terrain sur lequel seuls les Américains et les Chinois avaient jusqu’ici posé leurs bottes.

Après l’abandon du SCAF (Future Combat Air System), un projet dans lequel Airbus était impliqué, le constructeur européen démontre qu’il sait rebondir rapidement. Si l’U740 Valkyrie, en développement depuis juillet 2025, n’est pas le successeur direct du programme, il est toutefois l’héritier de l’un de ses volets : les « Remote Carriers », des aéronefs sans pilote, destinés à appuyer les chasseurs en opération. Le 29 septembre dernier, depuis une base d’essai non divulguée en Europe du Nord, le « Valkyrie » a réalisé son tout premier vol, validant tous les objectifs de son essai : l’annonce a été faite hier, le 12 octobre.

Long de 9,1 m, 8,2 mètres d’envergure pour à peine trois tonnes sur la balance, ce drone de combat a été développé par Airbus Defence and Space en partenariat avec l’entreprise américaine Kratos Defense & Security Solutions. Il est dérivé de la plateforme du XQ-58A Valkyrie, un autre drone de la même firme développé pour l’U.S. Air Force, qui a effectué son tout premier vol en mars 2019 en Arizona.

Airbus y a apporté son propre système de mission, baptisé MARS (Multi-platform Autonomous Reconfigurable and Secure). C’est, en quelque sorte, le « cerveau » du Valkyrie, conçu de A à Z en interne, assurant ainsi que les armées du continent qui s’en équiperont gardent souveraineté et indépendance face aux technologies américaines.

Le Valkyrie, nouveau fer de lance européen du combat collaboratif

Ce premier vol était destiné à tester la cellule du drone ; le système MARS n’était pas encore embarqué mais le sera lors de prochaines campagnes d’essais (prévues pour le premier trimestre 2027), qui mettront à l’épreuve les capacités autonomes du Valkyrie en conditions réelles. Sur ce terrain-là, le drone a passé le test avec succès.

Il a décollé depuis un rail incliné, catapulté par une fusée d’appoint à propergol solide qui le projette en l’air en quelques secondes avant de se séparer du fuselage. Ce procédé lui permet de se passer entièrement de piste, un avantage tactique considérable puisqu’il permet de lancer l’appareil depuis presque n’importe quel endroit : un camion, un navire ou un champ, par exemple. Une fois en l’air, son petit turboréacteur à double flux (Williams FJ33) a pris le relais et le Valkyrie a manœuvré à différentes altitudes et a réussi à atteindre Mach 0,8 (environ 990 km/h).

Sa fiche technique n’a rien à envier à celle du Boeing MQ-28 Ghost Bat ou de l’Anduril YFQ-44, deux autres drones de combat de conception américaine. Son rayon d’action dépasse les 5 000 kilomètres et il peut voler jusqu’à 45 000 pieds (13 700 mètres), en embarquant du matériel offensif.

Grâce à sa soute à armement interne et ses points d’emport situés sous ses ailes, il est capable de décoller avec des bombes guidées GBU-39 SDB (« Small Diameter Bomb »), produites par Boeing, ou des mini-drones ALTIUS-600, développés par Area-I (filiale d’Anduril Industries).

Le système MARS, dopé à l’intelligence artificielle, lui permettra de coordonner des groupes entiers de drones en mission, tout en garantissant qu’un humain garde le dernier mot avant tout engagement létal, conformément au droit international.

Airbus U740 Valkyrie (premier Vol 2)
Photo du Valkyrie sur sa rampe de lancement lors de son premier essai. Un fuselage compact, un profil facetté aux arêtes nettes, des ailes trapézoïdales, un empennage en V : une silhouette caractéristique des drones de combat modernes.  © Airbus

Cap sur 2029 : le Valkyrie à l’assaut des marchés de défense européens

Mike Schoellhorn, PDG d’Airbus Defence and Space, a déclaré : « Face à un environnement de menaces toujours plus complexe et contesté, les forces aériennes ont un besoin critique de créer un effet de masse financièrement abordable ». Selon des propos rapportés par Reuters, Schoellhorn estime le coût unitaire du Valkyrie à environ 20 millions d’euros.

Soit une fraction du prix d’un chasseur comme l’Eurofighter Typhoon (160 à 187 millions d’euros, selon les configurations), qu’il est censé épauler au combat, comme l’explique Schoellhorn. Le Valkyrie a été développé dans l’idée de « leur garantir un plus grand rayon d’action, une puissance de frappe accrue et une meilleure protection face aux défenses ennemies », selon ses propres mots.

Airbus et Kratos Defense & Security Solutions visent une mise en service opérationnel d’ici 2029, prioritairement pour l’armée allemande (la Luftwaffe, très probablement), ainsi que pour les autres forces européennes. Un calendrier serré, mais Berlin s’est fixé l’objectif d’être « prêt pour la guerre » (une citation relayée par The War Zone) d’ici cette même échéance. Le Bundestag a d’ailleurs validé en juillet dernier un vaste plan de réarmement de 9,5 milliards d’euros, incluant des drones de combat. Le Valkyrie n’est pas le seul en lice, puisque Boeing et Rheinmetall lui opposent le MQ-28 Ghost Bat : la compétition entre les deux sera féroce, et le vainqueur raflera un marché estimé à plusieurs centaines d’appareils et imposera sa technologie comme le standard européen pour la décennie à venir.

  • Airbus a réussi le premier vol du drone de combat autonome U740 Valkyrie, marquant son entrée sur le marché européen des drones de combat.
  • Le Valkyrie, avec une portée de plus de 5 000 km et une vitesse de Mach 0,8, est conçu pour accompagner les Eurofighter en mission.
  • Muni du système MARS, il garantira une souveraineté technologique aux forces armées européennes d’ici 2029.

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